La Grande démission est une initiative d’auto-organisation en milieu de travail dans le secteur public. Elle regroupe des travailleuses et travailleurs des réseaux de la santé et des services sociaux, de l’éducation et de la fonction publique qui se rencontrent sur une base régulière pour réfléchir et proposer des analyses, revendications et stratégies, ancrées dans un objectif d’unité de classe. Notre compréhension des problématiques est fondée d’abord et avant tout sur nos propres expériences et sur celles de nos collègues avec qui nous discutons de manière informelle ou via des entrevues plus structurées.
Notre démarche vise à poser les bases d’une communauté de lutte parmi les employé·e·s de l’État, fondée sur une solidarité active entre les collègues de toutes les catégories d’emploi, mais aussi avec les classes travailleuses et populaires au pays et par delà les frontières.
Pour la pensée managériale, la « grande démission » représente la hantise des employeurs vis-à-vis d’une génération qui n’accepte plus de travailler sous n’importe quelle condition ni de faire n’importe quoi. Pour nous, elle incarne le refus du travail tel qu’il est, que cette résistance soit sous la forme d’une grève, d’un ralentissement de la cadence ou d’une démission massive, une arme redoutable qu’il faut se réapproprier et organiser collectivement. Si, pour les employeurs et le gouvernement, la pénurie de main-d’œuvre dans bon nombre de secteurs d’emplois doit être perçue comme une contrainte à travailler davantage, nous y voyons au contraire un contexte qui nous permette de saisir le gros bout du bâton.
Les négociations du secteur public sont pour nous l’occasion de participer au débat sur nos conditions de vie de même que sur le potentiel subversif des positions que nous occupons dans la société, mais nous comptons nous organiser bien au-delà de la signature des conventions collectives. Notre initiative a pour objectif de contribuer au renversement du rapport de force, à notre avantage, dans le conflit qui nous oppose à l’État employeur et aux classes dirigeantes, le tout dans un perspective de transformation en profondeur de nos existences et d’accession à des vies meilleures pour toutes et tous.
